Présidentielle2016: Mike Jocktane saisit la main tendue d'Ali Bongo - Times Gabon

Présidentielle2016: Mike Jocktane saisit la main tendue d’Ali Bongo

October 22, 2016 - 11:43

by Danny Ledur Laisser une réponse 3

Mike-Jocktane
Après Casimir Oye Mba, Estellle Ondo, Ledoux Mbavoue, le tour revient au Vice President de l’Union nationale, Mike S. Jocktane de dire “oui” au dialogue politique proposé par Ali Bongo. Il projette de défendre cette cause au prochain congrès du parti. Nous vous partageons son texte:

Pour sortir de la crise

J’ai pris l’habitude depuis un certain temps de m’adresser premièrement à vous, qui me suivez ici sur ma page politique de Facebook pour partager mes positions sur les grandes questions qui engagent la vie de la Nation.

Après la Présidentielle du 27 août dernier dont l’épilogue a été la décision de la Cour Constitutionnelle le 23 septembre, le Gabon, notre pays, est divisé en deux camps retranchés qui se défient : le camp du pouvoir, dont le candidat, Ali Bongo Ondimba a été déclaré vainqueur par 50,66% et celui de Jean Ping que j’ai soutenu, en faveur duquel j’ai voté, qui est crédité de 47,24% , et qui continue à crier, à raison du reste au hold-up. La galaxie Ping se dit prête à tout pour récupérer sa victoire.

Le Gabon est donc dans une crise très grave et extrêmement profonde. Hormis la destruction des édifices et biens publics et privés, cette situation a donné lieu à des émeutes d’une gravité sans précédent au cours desquelles, on déplore de nombreux morts, beaucoup de blessés et de centaines d’arrestations.

Dans ces conditions, toute la classe politique est interpelée, moi y compris. Tous, nous sommes observés, aussi bien par les populations gabonaises que par l’extérieur. Ils nous observent pour voir si nous sommes suffisamment responsables. Ils sont curieux de savoir si nous aimons réellement notre pays ; si nous sacralisons notre ‘’vivre-ensemble’’ en le plaçant au-dessus de nos petits intérêts égoïstes. Ils nous regardent en s’interrogeant sur notre capacité à nous transcender pour trouver les solutions avantageuses aux problèmes qui peuvent naître de notre gestion du pays comme c’est le cas présentement en ce qui concerne les événements post-électoraux.

Le monde entier nous observe avec d’autant plus d’intérêt qu’ils veulent voir si nous aurons suffisamment d’objectivité, de lucidité de patriotisme et de hauteur pour nous sortir d’une crise où les frustrations, les tensions et les crispations sont exacerbées et où chaque camp n’entend pas céder. Oui la question est donc à la fois simple et complexe : Comment nous en sortir ?

Déclaré vainqueur par la Cour Constitutionnelle dont les décisions, insusceptibles de recours, s’imposent à tous, Ali Bongo Ondimba tend la main en proposant un ‘’Dialogue’’ qu’il annonce sans exclusive et sans tabou.

Cette rencontre devrait être le moment pour la classe politique gabonaise, la société civile et les confessions religieuses de donner plus de chance à la démocratie et à l’alternance pour triompher demain. Ce devrait être aussi le moyen d’éloigner à jamais du Gabon le spectre des troubles post-électoraux récurrents et de la guerre civile. La crise post électorale a déjà fait trop de victimes.

Pendant tout son premier septennat, Ali Bongo Ondimba avait toujours refusé d’organiser ce “dialogue national’’. Tout le monde, sans exception, l’avait fortement regretté. A ce moment là, tout le monde, je dis bien toute la classe politique était d’accord d’y aller.

Le contexte actuel, avec notamment le risque d’explosion sociale, qui mettrait en danger la stabilité du pays, ont certainement convaincu Ali Bongo à tendre la main et à appeler les forces vives à se parler.

Rappelons qu’après la présidentielle de 2009, sollicité par les Amis du Gabon pour dialoguer avec Ali Bongo Ondimba, Feu André Mba Obame avait catégoriquement rejeté cette proposition, estimant à juste titre qu’il était le vrai vainqueur. Il se disait certain de réussir à récupérer sa victoire, la victoire du peuple. Avec Jean Ping aujourd’hui, l’histoire semble vouloir se répéter.

Je me dois pour la vérité de dire que André Mba Obame ensuite, s’était ravisé et qu’il avait affirmé qu’il était d’accord de tourner la page de sa victoire et donc de ne plus la revendiquer si cela permettait l’organisation de la conférence nationale souveraine qu’il considérait comme le seul moyen de sortir le Gabon de l’impasse. J’étais avec lui d’ailleurs, lorsque nous avons été reçu à l’Elysée pour faire cette proposition. A l’époque déjà, la question posée était: Comment sortir de la crise à laquelle fait fasse le Gabon?

L’histoire des relations internationales montre pourtant qu’après chaque conflit, les protagonistes ont toujours fini par s’asseoir autour d’une table pour discuter, négocier, se parler. Il en a été ainsi des deux plus grands conflits mondiaux, à savoir la première ainsi que la deuxième guerre mondiale, où l’on a compté des millions de morts. Plus près de nous, souvenons-nous des émeutes de 1990 et 1994. Les Gabonais ont fini par se parler et cela a permis de sauver l’essentiel, c’est-à-dire la République.

Loin de moi l’idée de minimiser ce que vient de vivre notre pays au terme de la dernière présidentielle. Surtout qu’il y a eu mort d’hommes, ce qui est inacceptable pour moi en tant qu’homme de Dieu. La tenue de ce ‘’Dialogue’’ auquel appelle Ali Bongo Ondimba me donne l’occasion de rappeler aux extrémistes et jusqu’au boutistes de tous bords qu’il n’y a pas, qu’il ne devrait pas y avoir deux Gabon qui se font face, mais un seul Gabon, une seule Nation réunie dans le même destin. A cet effet, notre devoir, en tant que responsables politiques de ce pays c’est de tout faire pour rassembler et associer chaque citoyen à l’action commune, afin de relever les défis qui attendent notre pays. Et ils sont lourds et nombreux. C’est aussi d’appeler à la Paix, au respect des valeurs humaines et à la Liberté.

A ceux qui pensent que le moment n’est pas venu, sous prétexte que des familles n’ont pas encore fini d’enterrer et de pleurer leurs morts, je me permets de leur rappeler cette sagesse africaine qui enseigne que « c’est pendant que le sang coule qu’on règle la palabre ». Autrement dit, c’est pendant qu’il cherche à équilibrer son pouvoir que l’Opposition peut obtenir d’Ali Bongo le maximum de réformes indispensables au système démocratique. Entre autres : le retour aux élections à deux tours, le redécoupage électoral, la mise à plat de toutes les institutions impliquées dans l’organisation des élections dans notre pays, l’audit et la biométrisation totale de la liste électorale, la redéfinition des libertés publiques, etc. …

Comme on le voit, ce devrait être des réformes qui engageraient l’avenir de notre pays, donc celui de nos enfants et petits-enfants. Certaines de ces réformes devraient s’appliquer pour organiser les prochaines législatives qui devraient, à mon sens, être reportées de dix-huit mois maximum, le temps justement d’engager les différentes réformes dont je viens de parler. Nous ne devons pas et ne pouvons pas repartir aux élections avec le même dispositif.

J’ai la passion du Gabon. Ceux qui me connaissent et me suivent depuis de nombreuses années savent que je suis un homme constant, clair et que j’ai toujours le courage de mes opinions. Ce que je pense profondément, je l’exprime et le defend avec conviction et détermination.

Pour rappel, Je me suis engagé sans calcul et à grand risque dans le combat pour le Gabon Nouveau depuis de nombreuses années. Au coté d’André Mba Obame ensuite, et dans l’Union Nationale, j’ai participé à tous les grands combats pour la démocratie et la libération du Gabon. Je le dis ici, pour être entendu, faire aboutir le Gabon nouveau est et reste mon objectif politique majeur et prioritaire. C’est avec cette pensée permanente que je mène librement mes réflexions et que je définis mes choix.

Je sais que notre pays et ses dirigeants, de la Majorité comme de l’Opposition, sont capables de s’élever pour une grande cause : consolider la démocratie et garantir à ses enfants des fins électorales plus stables.

J’ai mal au coeur et je vis ce qui vient de se passer comme une tragédie, mais en même l’amour du Gabon, la sécurisation de notre destin collectif me contraignent au compromis républicain.

C’est pourquoi, lors du Conseil Nationale de L’union nationale qui a été convoqué pour le samedi 22 octobre 2016, je défendrai l’idée du Dialogue avec Ali Bongo. Nous devrons nous entendre sur les préalables à poser, mais nous devons adopter le principe de ce dialogue.

Je vois, à travers celui-ci, non pas une panacée mais une piste susceptible de permettre à notre pays de s’en sortir.
J’invite donc les uns et les autres, avec lucidité et sans passion, à saisir cette occasion pour faire libérer tous les prisonniers politiques, indemniser les familles endeuillées, les blessés et tous ceux qui ont perdu leurs biens, etc. …

Explorons cette piste pour en faire une avenue ou une autoroute qui va conduire le Gabon, notre pays vers la Nouvelle Espérance, vers sa grandeur.

Voici en substance les idées que je défendrais devant les instances de mon parti.

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Comments (3)

  1. Vu de Madagascar… mieux vaut-il un mauvais accord post électoral qu’une grève générale illimitée ? à lire “Gabon 2016 & scenarii post-électoraux en Afrique?” http://wp.me/p5qfQC-54

  2. Alors c’est a celui qui a triche de partir, qu’il laisse le Gabon tranquille. Le gabon n’appartient pas aux bongos. Arretez de nous divertir avec cette main tendue d’ali.

  3. Mike Jocktane ton cul !

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